La société Archéo-Nil est, depuis sa création, sous la Présidence d’Honneur
de Jean LECLANT, Secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions
et belles-lettres, Professeur honoraire au Collège de France.
S’il est inutile de présenter l’égyptologue, le grand érudit connu de
tous, il convient d’évoquer le rôle pionnier joué par Jean Leclant dans le
renouvellement des études sur les origines, au sortir de la Seconde Guerre
mondiale et lors des grands travaux réalisés au moment de la construction du barrage
d’Assouan, dans les années soixante. Alors que l’Egypte antique avait toujours
été considérée à partir du monde gréco-romain et des études bibliques, il
fut l’un des premiers à prendre en considération le domaine africain, où le
Nil prend ses sources et coule. Mais, au-delà du strict aspect géographique,
c’est l’univers mental des royautés africaines, dont des ethnologues, comme
Marcel Griaule, révélait les systèmes de représentations, qui permettait
peut-être mieux d’approcher les conceptions des anciens Egyptiens. L’intérêt
éveillé très tôt pour l’Afrique, ses travaux en Ethiopie (qui l’ont naturellement
mené à s’intéresser aux Pharaons noirs de la XXVème dynastie), puis au
Soudan, ont conduit Jean Leclant, associé au Général Huard, sur les pistes
sahariennes des images rupestres. La question des rapports entre Nil et
Sahara sur un fonds culturel commun paléo-africain était ainsi posée. Si
les recherches menées ces vingt dernières années dans ces régions ont
considérablement fait évoluer les problématiques, tous s’accordent pour
saluer le bond considérable que ses travaux acharnés, servis par de bonnes
intuitions, ont permis à la science de réaliser.
Jean Leclant est à nos côtés depuis le début de l’aventure. Sa confiance et
son soutien nous honorent.
Nicolas GRIMAL est Professeur au Collège de France, titulaire de la
Chaire d’égyptologie, et membre de l’Académie des inscriptions et belles-
lettres. De sa brillante carrière, on retiendra ici qu’il fut, de 1989 à 1999,
directeur de l’Institut français d’archéologie orientale au Caire (Ifao).
C’est donc sous son mandat bienveillant que s’est déroulée la plus grande
partie des fouilles du site prédynastique d’Adaïma (1989-2005). Bien que
ses recherches intéressent plus spécifiquement le IIème millénaire, Nicolas
Grimal appréhende la civilisation de l’Egypte ancienne dans son ensemble
et a toujours porté sur la question des origines – et sur Archéo-Nil – un
intérêt et un indéfectible soutien. Comme directeur de l’Ifao, il a suivi pas à
pas nos travaux à Adaïma, dont il a assuré la publication des deux premiers
volumes ; comme Professeur et éditeur, il a permis dans le n°6 des Etudes
d’égyptologie (Chaire du Collège de France) que soient publiés les actes
d’une table ronde tenue à Toulouse sur « Le sacrifice humain en Egypte et
ailleurs ». Il ouvre aujourd’hui à la préhistoire de l’Egypte les portes des
deux plus prestigieuses institutions de notre pays : le Collège de France et
l’Institut.
Jean GUILAINE est Professeur honoraire au Collège de France. Il a occupé de
1995 à 2007 la chaire «Civilisations de l’Europe au Néolithique et à l’âge du Bronze».
Spécialiste du néolithique méditerranéen et européen, Jean Guilaine a fondé à Toulouse,
en association avec l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) le Centre
d’anthropologie des sociétés rurales, dont il a été directeur.
Cette formation de recherche, actuellement intégrée comme «Centre de Recherche
sur la Préhistoire et la Protohistoire de la Méditerranée» (CRPPM) à l’UMR-TRACES
(Université de Toulouse), étudie l’émergence des sociétés sédentaires de production,
celles qui ont fait appel à l’agriculture et à l’élevage comme moyens de subsistance. Elle
étudie également les mutations qui, au fil des millénaires, ont conduit ces communautés
vers de nouvelles avancées techniques (fondées notamment sur la métallurgie), vers
la cité, vers la pyramide et la complexification sociale, facteurs qui leur ont ouvert les
portes de l’histoire. C’est dans cette large perspective de recherche que Jean Guilaine
a accueilli à Toulouse en 1996 les travaux menés par B. Midant-Reynes sur le terrain
de la protohistoire égyptienne, et qui ont pu, en association avec F. Briois, se déployer
selon un axe spécifique, unique en France : «Néolithique et sociétés proto-urbaines en
Egypte».
Béatrix MIDANT-REYNES, directrice de recherche au CNRS, est présidente et
fondatrice de la société Archéo-Nil. Depuis 1990, la société Archéo-Nil « pour l’étude des
sociétés prépharaoniques de la vallé du Nil » (association à but non lucratif régie par
la loi du 1er juillet 1901) s’est fixée pour objectif de promouvoir les études concernant
les origines de la civilisation égyptienne. Depuis vingt ans, elle constitue un forum de
discussions où préhistoriens, égyptologues, archéologues et ethnologues se rencontrent
pour échanger et valoriser les résultats de leurs travaux. Les buts d’Archéo-Nil sont à
la fois de soutenir la recherche scientifique de haut niveau et de diffuser les nouvelles
connaissances vers un public très large. La revue Archéo-Nil répond chaque année
à cette double tâche en ouvrant ses pages à de nombreuses personnalités du monde
scientifique. À l’occasion des journées anniversaires d’Archéo-Nil, la communication de
B. Midant-Reynes sera l’occasion de présenter les résultats des vingt dernières années
de recherches concernant l’étude des origines de la civilisation pharaonique et le rôle
que l’association a joué dans l’émergence d’un domaine d’étude devenu l’un des plus
dynamiques et des plus novateurs du champ d’investigation égyptologique.
John BAINES est Professeur d’égyptologie à l’Oriental
Institute, Université d’Oxford, et fellow du Queen’s
College. John Baines a plus spécifiquement orienté ses
recherches dans les domaines de l’art, de la littérature
et de la religion de l’Egypte ancienne.
Son approche, fondée sur le croisement des données
textuelles,iconographiques et archéologiques, s’appuie
également sur les modèles théoriques développés
par l’anthropologie sociale. John Baines s’est
particulièrement intéressé à décrypter la naissance des formes du pouvoir
en Egypte, telles qu’elles se révèlent de l’analyse de l’iconographie de
la fin des temps prédynastiques, de la genèse de l’image et du decorum
royaux, des premiers signes de l’écriture.
Il a écrit dans Archéo-Nil 3 (1993) un article remarquable sur le rôle
symbolique des figures canines (les lycaons des palettes historiées)
aux frontières de deux mondes : le domestique et le sauvage. L’élite se
positionne aux limites du chaos (sauvage) et de l’ordre (social), accaparant
l’un, le transformant, pour en nourrir l’autre.
François BRIOIS est Maître de conférences à l’EHESS.
Archéologue spécialisé dans les industries lithiques de la
préhistoire récente des civilisations méditerranéennes,
il mène actuellement ses recherches autour de plusieurs
thèmes : (i) les processus de la Néolithisation de Chypre
en regard de la Préhistoire du Proche-Orient, (ii) les
ressources, économie et échanges au Néolithique et
au Chalcolithique en Méditerranée occidentale, (iii) les
outillages lithiques prédynastiques de Haute Egypte
et les recherches sur la néolithisation dans le Sahara
oriental. Il prend part depuis 1999, avec B. Midant-Reynes, aux travaux de
prospections menés dans l’oasis de Kharga, à Douch, sous la direction de
Michel Wuttmann, et a co-dirigé la fouille de plusieurs sites préhistoriques
de cette région. Il a publié en 2008, en collaboration avec B. Midant-Reynes
et M. Wuttmann, le gisement épipaléolithique de ML1 à ‘Ayn-Manâwir (oasis
de Kharga), dans la série des Fouilles de l’Ifao.
Eric CRUBEZY est Professeur d’anthropologie à l’Université Paul
Sabatier de Toulouse et directeur du laboratoire d’Anthropologie
Moléculaire et d’Imagerie de Synthèse entre le CNRS et cette
université. Ses travaux portent sur l’histoire du peuplement de
plusieurs régions du monde (Bassin Méditerranéen, Mongolie et
Sibérie, régions andines) en intégrant données du passé et du
présent. Pour cela, il coordonne des équipes qui fouillent des
ensembles funéraires et qui les étudient en mettant en évidence
l’organisation du monde des morts (organisation des ensembles
funéraires et relations de parenté), du monde des vivants (paléoépidémiologie), et
qui comparent, avec de mêmes marqueurs génétiques, ces populations à celles du
présent afin d’étudier l’évolution du peuplement. De 1989 à 2006, il a dirigé la fouille et
l’exploitation scientifique des nécropoles prédynastiques d’Adaïma (Haute-Egypte). Il est
l’auteur, avec T. Janin et B. Midant-Reynes, de la deuxième publication monographique
de ce site (Adaïma II. La nécropole prédynastique, IFAO, Le Caire 2002). Investi sur
le terrain égyptien à la fin des années quatre-vingt, Eric Crubézy y a introduit des
méthodes et méthodologies nouvelles dont il a rendu compte dans le n°2 d’Archéo-Nil,
numéro dont il a assuré la direction : « Paléo-ethnologie et paléo-biologie ». Sous son
impulsion, l’archéologie funéraire en Egypte est passée, au moins pour les périodes
prédynastiques, du XIXème (les traditions de Petrie) au XXIème siècle (anthropologie de
terrain, paléopathologie, biologie moléculaire avec le développement de l’extraction de
l’ADN ancien). Il a notamment publié l’un des plus anciens cas mondiaux de tuberculose,
diagnostiqué à partir de l’ADN de la mycobactérie responsable de cette maladie,
provenant de la nécropole d’Adaïma.
Frédéric GUYOT est diplômé en égyptologie et en
archéologie orientale. Il a obtenu en 2004 le diplôme de
l’Ecole biblique de Jérusalem dans le cadre d’une bourse
Lavoisier octroyée par l’Académie des inscriptions
et belles-lettres, sous la direction conjointe de J.B.
Humbert et de C. Clamer, pour le sujet suivant : «
Etude du matériel chalcolithique et Bronze Ancien I de
la grotte à inhumations d’Askar près de Naplouse ».
Il poursuit, à l’Université de Paris I, sous la direction
de Jean-Daniel Forest, une thèse intitulée : « Les relations interrégionales
dans l’Orient méditerranéen au IVème millénaire. Dynamiques d’échanges
et émulations interculturelles entre la Syrie, le Levant Sud et l’Egypte ». Il a
publié dans Archéo-Nil 14 un article relatif aux contacts, généralement très
contestés, entre l’Egypte et la Mésopotamie, et, dans les actes du colloque
de Toulouse, une réflexion sur les racines de « l’expansion nagadienne
». Ses terrains se partagent naturellement entre l’Egypte, où il étudie la
céramique du site de Tell el-Iswid (Delta oriental), et la Syrie, où il participe
aux fouilles de Tell Feres al-Sharqi, sous la direction de J.D. Forest. Ce
jeune chercheur apparaît aujourd’hui comme l’un des meilleurs spécialistes
en France des relations entre l’Egypte et l’Orient au IVème millénaire.
A partir du milieu du IVème millénaire, les cultures de Haute Égypte, de
Basse Égypte et du Levant Sud qui suivaient jusque là un développement
autonome, commencèrent à entretenir des contacts prolongés. Au travers de
ces échanges se diffusèrent non seulement des matières premières et des
objets finis, mais également des innovations technologiques, de nouvelles
solutions relatives à l’organisation des modes de production ou encore des
concepts sociaux. Chacune des communautés y participant se retrouvait
ainsi soumise à des influences extérieures d’ordre idéel qui ont bien souvent
accéléré son évolution économique et sociale par le double jeu des emprunts
technologiques et des émulations sociales. Par le biais de cette extension
des contacts interrégionaux liée à l’émergence des premières sociétés
différenciées, s’est opérée une propagation des dynamiques d’évolution
sociale qui a joué un rôle essentiel dans la construction de la civilisation
égyptienne.
Stan HENDRICKX est professeur d’histoire de l’art au département des
beaux-arts et d’architecture à la Provinciale Hogeschool Limburg, à
Hasselt, en Belgique. En 1989, il a soutenu, à la Katholieke Universiteit
Leuven, une thèse doctorale (De grafvelden der Naqadacultuur in
Zuid-Egypte, met bijzondere aandacht voor het Naqada III grafveld
te Elkab. Interne chronologie en sociale differentiatie) qui lui a valu
d’être considéré durant presque vingt ans, comme le spécialiste
incontournable de la chronologie prédynastique égyptienne. Et de
fait, les auteurs avaient pris l’habitude d’apposer une « Hendrickx
Chronology » à la chronologie de l’époque nagadienne mise au
point à la fin des années cinquante par l’égyptologue allemand Werner Kaiser. Plusieurs
publications font date. Parmi elles : « The Relative Chronology of the Naqada Culture.
Problems and Possibilities », dans J. Spencer, Aspects of Early Egypt, British Museum,
1996, p.36-69; « Predynastic – Early Dynastic chronology », dans E. Hornung, R.
Krauss, & D.A. Warburton, Ancient Egyptian Chronology, Handbook of Oriental Studies.
Section One. The Near and Middle East, vol. 83. Leiden - Boston: Brill, 2006, p. 55-93,
487-488. Il a bien évidemment contribué au volume spécial de la revue Archéo-Nil : « La
chronologie de la préhistoire tardive et les débuts de l’histoire de l’Egypte », Archéo-
Nil 9, 1999, p. 13-81, dans un article où, avec son habituelle générosité, il met à la
disposition de la communauté scientifique un corpus complet des datations C14 connues
à ce moment-là. Mais au-delà de cette spécialité qui l’a poursuivi – et dont il se défend
aujourd’hui - Stan Hendrickx est une encyclopédie vivante de l’art prédynastique et un
insatiable publiant. Auteur de l’Analytical Bibliography of the Prehistory and the Early
Dynastic Period of Egypt and Northern Sudan, EPM 1, Leuven University Press 1995, il
édite chaque année dans notre revue les compléments bibliographiques, dont l’étendue
toujours croissante donne une idée du dynamisme de la discipline. Aujourd’hui, des
recherches plus pointues apportent des éléments nouveaux, qui bousculent et vont
au-delà de la fameuse « Hendrickx Chronology », mais il demeure un des meilleurs
observateurs et une référence en la matière.
Matthieu HONEGGER occupe la chaire d’archéologie
préhistorique à l’Université de Neuchâtel. Archéologue
préhistorien impliqué dans l’étude des sociétés
néolithiques des Alpes et du Plateau suisse, Matthieu
Honegger a rejoint Charles Bonnet sur le terrain
soudanais, à Kerma, où il a développé des recherches
originales et novatrices sur les mutations sociales et
économiques dans la vallée du Nil, du Mésolithique
à l’émergence des premières formations étatiques
(sédentarisation, pastoralisme, hiérarchisation de la
société, urbanisation).
Jean-Loïc LE QUELLEC est ethnologue, anthropologue,
spécialiste de la préhistoire et des arts rupestres de
l’Afrique, plus particulièrement du Sahara. Il est diplômé
de l’École pratique des hautes études (paléoécologie
du quaternaire) et docteur en anthropologie, ethnologie
et préhistoire. Directeur de recherches au CNRS
et chercheur à l’Institut Français d’Afrique du Sud à
Johannesburg, il a réalisé de nombreux travaux sur
l’art rupestre du Sahara et de l’Afrique australe. En
particulier, il est l’auteur, avec Pauline et Philippe de Flers, du très bel
ouvrage Du Sahara au Nil. Peintures et gravures d’avant les Pharaons
(Fayard 2005). Fondateur de Traces, cabinet d’ethnologie-préhistoire, il
effectue des missions d’expertises pour le compte de l’UNESCO ou de divers
organismes, et préside l’association des Amis de l’art rupestre saharien
(AARS). Depuis 2008, il co-dirige la mission franco-algérienne d’analyse et
datation des images rupestres du Tassili, de l’Ahaggar et de l’Atlas. Jean-
Loïc Le Quellec emprunte les chemins ouverts dans les années soixante
par les travaux pionniers du Professeur Jean Leclant et du Général Huard
sur les rapports entre la vallée du Nil et le Sahara d’après l’art rupestre.
Il les revisite et les reformule à la lumière de sa formation d’ethnologue et
de préhistorien, et les intègre aux données nouvelles sur les climats et la
chronologie. Il a publié dans Archéo-Nil 15, 2005 : « Une nouvelle approche
des rapports Nil-Sahara d’après l’art rupestre ». Jean-Loïc Le Quellec a aussi
écrit sur les traditions populaires de Vendée. Également vice-président de
la Société de Mythologie Française, il a publié un Dictionnaire de zoologie
mythique (1995).
Béatrix MIDANT-REYNES est directrice de recherche au CNRS.
Égyptologue et préhistorienne, elle s’est spécialisée dans
l’étude des sociétés de la vallée du Nil depuis le Néolithique
jusqu’à l’émergence de l’État. L’objectif de ses recherches est de
développer les connaissances relatives à cette période encore mal
connue de l’histoire égyptienne et cependant fondamentale pour
mieux comprendre la civilisation pharaonique. Elle a conduit sur le
terrain égyptien les fouilles du site prédynastique d’Adaïma (HauteÉgypte)
de 1989 à 2005 et publié avec N. Buchez, É. Crubézy et Th.
Janin les deux premiers volumes des monographies concernant cette localité (Adaïma
I. Économie et habitat & Adaïma II. La nécropole prédynastique, Le Caire, IFAO, 2002).
Depuis 2005, ses travaux se sont tournés vers le delta du Nil, où elle a dirigé de 2001
à 2005 les fouilles du site prédynastique de Kôm el-Khilgan, et poursuit depuis 2006
l’étude de Tell el-Iswid (Sud). Depuis 1999 elle participe aux prospections menées sous
la direction de M. Wuttmann dans l’oasis de Kharga. Elle y a co-dirigé avec F. Briois
la fouille de différents sites préhistoriques et publié une monographie sur le gisement
épipaléolithique de ‘Ayn-Manâwir (Le gisement épipaléolithique de ML1 à ‘Ayn-Manâwir
(oasis de Kharga) en collaboration avec F. Briois et M. Wuttmann ; Le Caire, IFAO,
2008). Responsable du Centre de recherche sur la Préhistoire et la Protohistoire de la
Méditerranée de l’UMR 5608 (CNRS, EHESS, Université Toulouse II-Le Mirail), Béatrix
Midant-Reynes a publié deux synthèses sur la période prédynastique : Préhistoire de
l’Égypte. Des premiers hommes aux premiers Pharaons (Armand-Colin, Paris, 1992 ;
ouvrage traduit en anglais et en arabe) et Aux origines de l’Égypte. Du Néolithique à
l’émergence de l’État (Fayard, Paris, 2003). Elle anime chaque année, dans le cadre de
l’EHESS et de l’Université Toulouse II-Le Mirail, une série de séminaires consacrés à la
vallée du Nil du Néolithique aux premières dynasties.
Denis ROBERT, artiste canadien qui vit actuellement à Paris, est
animé depuis toujours d’une passion pour l’Egypte ancienne. C’est
dans un questionnement plus global sur le processus créateur
que sa démarche artistique l’a amené à intégrer la puissance et
la beauté de l’oeuvre au mystère des origines d’une civilisation.
Dans cette perspective, l’Egypte ancienne a été source de grande
inspiration pour son travail de «designer», photographe et artiste
multimédia. Après le film documentaire, «La science prodigieuse
des Pharaons», réalisé en 1976, il présente aujourd’hui une oeuvre
multimédia, «L’Egypte des origines».
Pierre TALLET est Maître de conférences en Egyptologie
à l’Université Paris-IV-Sorbonne. Il a participé à de
nombreuses missions archéologiques en Égypte dans
les oasis de Dakhla et Bahariya, au Sinaï, ainsi qu’à
Karnak, Deir el-Médineh et dans la nécropole thébaine.
Il fut également adjoint aux publications de l’Institut
français d’archéologie orientale (Ifao) du Caire.
Membre de la mission archéologique de Ayn Soukhna,
dans le Golfe de Suez, il dirige la mission d’étude menée
conjointement par l’IFAO et la Sorbonne au Sud-Sinaï. Pierre Tallet enseigne
également à l’Université libre de Bruxelles en tant que professeur invité
pour les cours d’histoire, d’histoire de l’art et d’archéologie concernant
l’Égypte ancienne.
Yann TRISTANT est membre scientifique de l’IFAO depuis septembre
2006. Il est le premier pensionnaire protohistorien nommé depuis
la création de l’Institut en 1880. Ses recherches sur les origines de
l’Egypte se sont très vite orientées sur les aspects environnementaux
et leurs interactions avec l’évolution des sociétés de la vallée du
Nil, comme en témoigne le titre de sa thèse, soutenue à Toulouse
en janvier 2005 : L’occupation humaine dans le Delta du Nil aux
Vème et IVème millénaires. Approche géo-archéologique à partir de la
région de Samara (delta oriental). En 2004, il a publié un ouvrage :
L’habitat prédynastique de la Vallée du Nil : Vivre sur les rives du Nil
aux Vème et IVème millénaires, British Archaeological Reports, International Series 1287,
Oxford, 182 p. Il a co-organisé avec B.Midant-Reynes le second colloque international
sur les origines de l’Egypte, qui s’est tenu à Toulouse en septembre 2005. Investi sur
le terrain égyptien dans le delta (Kom el-Khilgan, Tell el-Iswid), Yann Tristant dirige la
mission archéologique d’Abou Rawach et le programme de prospections du Wâdi Araba,
dans le désert oriental.