Archéo-Nil 1990-2010

20 ans de recherches prédynastiques
Journées d’étude
Paris, 10-11 juin 2010

Collège de France
Académie des inscriptions et belles-lettres

Archéo-Nil fête ses vingt ans !
Journées d’étude organisées par la société Archéo-Nil sous le patronnage de:

Jean LECLANT
Secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres,
Professeur honoraire au Collège de France

Nicolas GRIMAL
Professeur au Collège de France et membre de l’Institut

Jean GUILAINE
Professeur honoraire au Collège de France

À l’occasion de ses vingt ans d’activité, la société Archéo-Nil propose deux journées exceptionnelles consacrées à l’Egypte pré- et protodynastique. Les communications présentées par les acteurs de la disipline, archéologues, préhistoriens et égyptologues, seront l’occasion de faire le bilan des vingt dernières années de recherche sur le sujet, et d’envisager les grandes perspectives des travaux futurs. Ces communications seront publiées dans le numéro anniversaire de la revue Archéo-Nil.
Jeudi 10 juin 2010
Collège de France, 11, place Marcelin Berthelot • Paris Véme
9h00 • Accueil des participants
9h30 • Ouverture de la journée
Jean GUILAINE
Professeur honoraire au Collège de France, Paris
10h00 • Archéo-Nil : bilan de vingt ans d’activité
Béatrix MIDANT-REYNES
Directrice de recherche, CNRS, Toulouse
10h30 • Prédynastique et chronologie
Stan HENDRICKX
Provinciale Hogeschool Limburg, Hasselt
11h00 • Pause café
11h30 • Le delta du Nil
Yann TRISTANT
Membre scientifique, IFAO, Le Caire
12h00 • Les relations entre l’Égypte et le Levant
Frédéric GUYOT
Doctorant, université Paris I
12h30 • Déjeuner
14h30 • La Nubie et le Soudan
Mathieu HONNEGER
Professeur, université de Neuchâtel
15h00 • Projection : l'Egypte des origines
Denis ROBERT
Artiste, documentariste
Vendredi 11 juin 2010
Institut de France, 23, quai Conti • Paris VIéme
9h00 • Accueil des participants
9h30 • Ouverture de la journée
Nicolas GRIMAL
Professeur au Collège de France, membre de l’Institut, Paris
10h00 • Du Sahara au Nil
Jean-Loïc LE QUELLEC
Directeur de recherche, CNRS, Johannesburg
10h30 • L’oasis de Kharga dans la préhistoire: aux origines des cultures prédynastiques
Béatrix MIDANT-REYNES
Directrice de recherche, CNRS, Toulouse
François BRIOIS
Maître de conférences, EHESS, Toulouse
11h00 • Pause café
11h30 • La préhistoire du désert oriental
Yann TRISTANT
Membre scientifique, IFAO, Le Caire
12h00 • Les Egyptiens dans la zone minière du Sud- Sinaï de la Ière dynastie à la fin de l’Ancien Empire
Pierre TALLET
Maître de conférences, université Paris IV
12h30 • Déjeuner
14h30 • Le peuplement de la vallée du Nil
Éric CRUBEZY
Professeur, université Paul Sabatier, Toulouse
15h30 • La naissance de l’écriture
John BAINES
Professeur, université d’Oxford
16h30 • Synthèse des journées
Nicolas GRIMAL
Professeur au Collège de France, membre de l’Institut Paris

Inscriptions

Envoyer sur papier libre :Nom, Prénom, Adresse, Code postal, Ville, Courriel
Je suis membre titulaire de l’association Archéo-Nil et m’inscris pour les deux journées anniversaires des 10 et 11 juin 2010 : 40€
Je suis membre étudiant de l’association Archéo-Nil et m’inscris pour les deux journées anniversaires des 10 et 11 juin 2010 : 25€
Je suis membre Archéo-Nil et m’inscris comme membre bienfaiteur pour les deux journées anniversaires des 10 et 11 juin 2010 : + 40€
Je ne suis pas membre de l’association Archéo-Nil et m’inscris pour la seule journée du 10 juin 2010 au Collège de France en tant que participant extérieur à l’association : 60€
à l’adresse suivante : Mme Evelyne FAIVRE-MARTIN Secrétariat Archéo-Nil 1 bis Cité des Trois-Bornes 75011 Paris
ou secretariat@archeonil.fr
ou télécharger le bulletin d'inscription

Les organisateurs

La société Archéo-Nil est, depuis sa création, sous la Présidence d’Honneur de Jean LECLANT, Secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, Professeur honoraire au Collège de France. S’il est inutile de présenter l’égyptologue, le grand érudit connu de tous, il convient d’évoquer le rôle pionnier joué par Jean Leclant dans le renouvellement des études sur les origines, au sortir de la Seconde Guerre mondiale et lors des grands travaux réalisés au moment de la construction du barrage d’Assouan, dans les années soixante. Alors que l’Egypte antique avait toujours été considérée à partir du monde gréco-romain et des études bibliques, il fut l’un des premiers à prendre en considération le domaine africain, où le Nil prend ses sources et coule. Mais, au-delà du strict aspect géographique, c’est l’univers mental des royautés africaines, dont des ethnologues, comme Marcel Griaule, révélait les systèmes de représentations, qui permettait peut-être mieux d’approcher les conceptions des anciens Egyptiens. L’intérêt éveillé très tôt pour l’Afrique, ses travaux en Ethiopie (qui l’ont naturellement mené à s’intéresser aux Pharaons noirs de la XXVème dynastie), puis au Soudan, ont conduit Jean Leclant, associé au Général Huard, sur les pistes sahariennes des images rupestres. La question des rapports entre Nil et Sahara sur un fonds culturel commun paléo-africain était ainsi posée. Si les recherches menées ces vingt dernières années dans ces régions ont considérablement fait évoluer les problématiques, tous s’accordent pour saluer le bond considérable que ses travaux acharnés, servis par de bonnes intuitions, ont permis à la science de réaliser.
Jean Leclant est à nos côtés depuis le début de l’aventure. Sa confiance et son soutien nous honorent.

Nicolas GRIMAL est Professeur au Collège de France, titulaire de la Chaire d’égyptologie, et membre de l’Académie des inscriptions et belles- lettres. De sa brillante carrière, on retiendra ici qu’il fut, de 1989 à 1999, directeur de l’Institut français d’archéologie orientale au Caire (Ifao). C’est donc sous son mandat bienveillant que s’est déroulée la plus grande partie des fouilles du site prédynastique d’Adaïma (1989-2005). Bien que ses recherches intéressent plus spécifiquement le IIème millénaire, Nicolas Grimal appréhende la civilisation de l’Egypte ancienne dans son ensemble et a toujours porté sur la question des origines – et sur Archéo-Nil – un intérêt et un indéfectible soutien. Comme directeur de l’Ifao, il a suivi pas à pas nos travaux à Adaïma, dont il a assuré la publication des deux premiers volumes ; comme Professeur et éditeur, il a permis dans le n°6 des Etudes d’égyptologie (Chaire du Collège de France) que soient publiés les actes d’une table ronde tenue à Toulouse sur « Le sacrifice humain en Egypte et ailleurs ». Il ouvre aujourd’hui à la préhistoire de l’Egypte les portes des deux plus prestigieuses institutions de notre pays : le Collège de France et l’Institut.

Jean GUILAINE est Professeur honoraire au Collège de France. Il a occupé de 1995 à 2007 la chaire «Civilisations de l’Europe au Néolithique et à l’âge du Bronze». Spécialiste du néolithique méditerranéen et européen, Jean Guilaine a fondé à Toulouse, en association avec l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) le Centre d’anthropologie des sociétés rurales, dont il a été directeur. Cette formation de recherche, actuellement intégrée comme «Centre de Recherche sur la Préhistoire et la Protohistoire de la Méditerranée» (CRPPM) à l’UMR-TRACES (Université de Toulouse), étudie l’émergence des sociétés sédentaires de production, celles qui ont fait appel à l’agriculture et à l’élevage comme moyens de subsistance. Elle étudie également les mutations qui, au fil des millénaires, ont conduit ces communautés vers de nouvelles avancées techniques (fondées notamment sur la métallurgie), vers la cité, vers la pyramide et la complexification sociale, facteurs qui leur ont ouvert les portes de l’histoire. C’est dans cette large perspective de recherche que Jean Guilaine a accueilli à Toulouse en 1996 les travaux menés par B. Midant-Reynes sur le terrain de la protohistoire égyptienne, et qui ont pu, en association avec F. Briois, se déployer selon un axe spécifique, unique en France : «Néolithique et sociétés proto-urbaines en Egypte».

Béatrix MIDANT-REYNES, directrice de recherche au CNRS, est présidente et fondatrice de la société Archéo-Nil. Depuis 1990, la société Archéo-Nil « pour l’étude des sociétés prépharaoniques de la vallé du Nil » (association à but non lucratif régie par la loi du 1er juillet 1901) s’est fixée pour objectif de promouvoir les études concernant les origines de la civilisation égyptienne. Depuis vingt ans, elle constitue un forum de discussions où préhistoriens, égyptologues, archéologues et ethnologues se rencontrent pour échanger et valoriser les résultats de leurs travaux. Les buts d’Archéo-Nil sont à la fois de soutenir la recherche scientifique de haut niveau et de diffuser les nouvelles connaissances vers un public très large. La revue Archéo-Nil répond chaque année à cette double tâche en ouvrant ses pages à de nombreuses personnalités du monde scientifique. À l’occasion des journées anniversaires d’Archéo-Nil, la communication de B. Midant-Reynes sera l’occasion de présenter les résultats des vingt dernières années de recherches concernant l’étude des origines de la civilisation pharaonique et le rôle que l’association a joué dans l’émergence d’un domaine d’étude devenu l’un des plus dynamiques et des plus novateurs du champ d’investigation égyptologique.

Les intervenants

accroche John BAINES est Professeur d’égyptologie à l’Oriental Institute, Université d’Oxford, et fellow du Queen’s College. John Baines a plus spécifiquement orienté ses recherches dans les domaines de l’art, de la littérature et de la religion de l’Egypte ancienne. Son approche, fondée sur le croisement des données textuelles,iconographiques et archéologiques, s’appuie également sur les modèles théoriques développés par l’anthropologie sociale. John Baines s’est particulièrement intéressé à décrypter la naissance des formes du pouvoir en Egypte, telles qu’elles se révèlent de l’analyse de l’iconographie de la fin des temps prédynastiques, de la genèse de l’image et du decorum royaux, des premiers signes de l’écriture. Il a écrit dans Archéo-Nil 3 (1993) un article remarquable sur le rôle symbolique des figures canines (les lycaons des palettes historiées) aux frontières de deux mondes : le domestique et le sauvage. L’élite se positionne aux limites du chaos (sauvage) et de l’ordre (social), accaparant l’un, le transformant, pour en nourrir l’autre.
La contribution du Professeur John Baines portera sur les débuts de l’écriture, tels qu’on les comprend aujourd’hui, depuis la découverte, il y a près de 20 ans, à Abydos, de la fameuse tombe U-j. C’est de là que viennent les plus anciennes attestations de formes hiéroglyphiques et cursives, ainsi que d’images fragmentaires provenant d’empreintes de sceaux et d’objets en ivoire. Ces trouvailles, mises en relation avec des oeuvres figuratives mieux attestées de la dynastie 0 et l’évolution des pratiques à la période suivante (Ire et IIème dynasties), imposent de reconsidérer l’interprétation des phénomènes d’interaction entre l’émergence de l’écrit et les manifestations picturales à l’aube de la civilisation égyptienne.
accroche François BRIOIS est Maître de conférences à l’EHESS. Archéologue spécialisé dans les industries lithiques de la préhistoire récente des civilisations méditerranéennes, il mène actuellement ses recherches autour de plusieurs thèmes : (i) les processus de la Néolithisation de Chypre en regard de la Préhistoire du Proche-Orient, (ii) les ressources, économie et échanges au Néolithique et au Chalcolithique en Méditerranée occidentale, (iii) les outillages lithiques prédynastiques de Haute Egypte et les recherches sur la néolithisation dans le Sahara oriental. Il prend part depuis 1999, avec B. Midant-Reynes, aux travaux de prospections menés dans l’oasis de Kharga, à Douch, sous la direction de Michel Wuttmann, et a co-dirigé la fouille de plusieurs sites préhistoriques de cette région. Il a publié en 2008, en collaboration avec B. Midant-Reynes et M. Wuttmann, le gisement épipaléolithique de ML1 à ‘Ayn-Manâwir (oasis de Kharga), dans la série des Fouilles de l’Ifao.
C’est sur ce dernier volet de ses recherches que portera sa communication. Comme cela a été à présent maintes fois souligné, c’est vers les déserts qu’il convient de se tourner pour trouver les formes de subsistances les plus anciennes, qui influeront sur le développement des cultures prédynastiques de la vallée. En raison des phénomènes constants de creusement et de sédimentation de la vallée par le Nil, en raison du déplacement du cours du fleuve, les sites anciens ont été détruits ou sont ensevelis sous plusieurs mètres d’alluvion. Les réponses se trouvent donc dans les marges. Les travaux de grande envergure qui y ont été conduits par les équipes américaines (F. Wendorf) et allemandes (R. Kuper) rendent à présent possible de brosser un tableau général de cette préhistoire, et, plus particulièrement, de la constante adaptation des groupes humains durant les épisodes tour à tour humides et arides de l’Holocène. C’est dans ce contexte que seront présentées les découvertes préhistoriques du bassin sud de l’oasis de Kharga.
accroche Eric CRUBEZY est Professeur d’anthropologie à l’Université Paul Sabatier de Toulouse et directeur du laboratoire d’Anthropologie Moléculaire et d’Imagerie de Synthèse entre le CNRS et cette université. Ses travaux portent sur l’histoire du peuplement de plusieurs régions du monde (Bassin Méditerranéen, Mongolie et Sibérie, régions andines) en intégrant données du passé et du présent. Pour cela, il coordonne des équipes qui fouillent des ensembles funéraires et qui les étudient en mettant en évidence l’organisation du monde des morts (organisation des ensembles funéraires et relations de parenté), du monde des vivants (paléoépidémiologie), et qui comparent, avec de mêmes marqueurs génétiques, ces populations à celles du présent afin d’étudier l’évolution du peuplement. De 1989 à 2006, il a dirigé la fouille et l’exploitation scientifique des nécropoles prédynastiques d’Adaïma (Haute-Egypte). Il est l’auteur, avec T. Janin et B. Midant-Reynes, de la deuxième publication monographique de ce site (Adaïma II. La nécropole prédynastique, IFAO, Le Caire 2002). Investi sur le terrain égyptien à la fin des années quatre-vingt, Eric Crubézy y a introduit des méthodes et méthodologies nouvelles dont il a rendu compte dans le n°2 d’Archéo-Nil, numéro dont il a assuré la direction : « Paléo-ethnologie et paléo-biologie ». Sous son impulsion, l’archéologie funéraire en Egypte est passée, au moins pour les périodes prédynastiques, du XIXème (les traditions de Petrie) au XXIème siècle (anthropologie de terrain, paléopathologie, biologie moléculaire avec le développement de l’extraction de l’ADN ancien). Il a notamment publié l’un des plus anciens cas mondiaux de tuberculose, diagnostiqué à partir de l’ADN de la mycobactérie responsable de cette maladie, provenant de la nécropole d’Adaïma.
Son intervention dans le cadre des conférences de l’Académie des inscriptions et belles-lettres portera sur l’histoire du peuplement de l’Egypte. Il insistera notamment, grâce à des données inédites provenant de l’exploitation des squelettes de la nécropole d’Adaima, sur l’origine des populations prédynastiques et leurs relations avec les populations sub-sahariennes et méditerranéennes. Pour finir il présentera l’épidémiologie du cimetière de l’Est de la nécropole d’Adaima qui met en évidence la façon, dont à l’orée de l’Egypte Dynastique, les populations de la haute vallée du Nil ont été décimées et sélectionnées par la tuberculose. Cette découverte inédite, en cours d’exploitation, sera dans les années à venir d’une importance fondamentale dans le scénario de l’émergence de la société égyptienne du IIIème millénaire avant notre ère.
accroche Frédéric GUYOT est diplômé en égyptologie et en archéologie orientale. Il a obtenu en 2004 le diplôme de l’Ecole biblique de Jérusalem dans le cadre d’une bourse Lavoisier octroyée par l’Académie des inscriptions et belles-lettres, sous la direction conjointe de J.B. Humbert et de C. Clamer, pour le sujet suivant : « Etude du matériel chalcolithique et Bronze Ancien I de la grotte à inhumations d’Askar près de Naplouse ». Il poursuit, à l’Université de Paris I, sous la direction de Jean-Daniel Forest, une thèse intitulée : « Les relations interrégionales dans l’Orient méditerranéen au IVème millénaire. Dynamiques d’échanges et émulations interculturelles entre la Syrie, le Levant Sud et l’Egypte ». Il a publié dans Archéo-Nil 14 un article relatif aux contacts, généralement très contestés, entre l’Egypte et la Mésopotamie, et, dans les actes du colloque de Toulouse, une réflexion sur les racines de « l’expansion nagadienne ». Ses terrains se partagent naturellement entre l’Egypte, où il étudie la céramique du site de Tell el-Iswid (Delta oriental), et la Syrie, où il participe aux fouilles de Tell Feres al-Sharqi, sous la direction de J.D. Forest. Ce jeune chercheur apparaît aujourd’hui comme l’un des meilleurs spécialistes en France des relations entre l’Egypte et l’Orient au IVème millénaire. A partir du milieu du IVème millénaire, les cultures de Haute Égypte, de Basse Égypte et du Levant Sud qui suivaient jusque là un développement autonome, commencèrent à entretenir des contacts prolongés. Au travers de ces échanges se diffusèrent non seulement des matières premières et des objets finis, mais également des innovations technologiques, de nouvelles solutions relatives à l’organisation des modes de production ou encore des concepts sociaux. Chacune des communautés y participant se retrouvait ainsi soumise à des influences extérieures d’ordre idéel qui ont bien souvent accéléré son évolution économique et sociale par le double jeu des emprunts technologiques et des émulations sociales. Par le biais de cette extension des contacts interrégionaux liée à l’émergence des premières sociétés différenciées, s’est opérée une propagation des dynamiques d’évolution sociale qui a joué un rôle essentiel dans la construction de la civilisation égyptienne.
accroche Stan HENDRICKX est professeur d’histoire de l’art au département des beaux-arts et d’architecture à la Provinciale Hogeschool Limburg, à Hasselt, en Belgique. En 1989, il a soutenu, à la Katholieke Universiteit Leuven, une thèse doctorale (De grafvelden der Naqadacultuur in Zuid-Egypte, met bijzondere aandacht voor het Naqada III grafveld te Elkab. Interne chronologie en sociale differentiatie) qui lui a valu d’être considéré durant presque vingt ans, comme le spécialiste incontournable de la chronologie prédynastique égyptienne. Et de fait, les auteurs avaient pris l’habitude d’apposer une « Hendrickx Chronology » à la chronologie de l’époque nagadienne mise au point à la fin des années cinquante par l’égyptologue allemand Werner Kaiser. Plusieurs publications font date. Parmi elles : « The Relative Chronology of the Naqada Culture. Problems and Possibilities », dans J. Spencer, Aspects of Early Egypt, British Museum, 1996, p.36-69; « Predynastic – Early Dynastic chronology », dans E. Hornung, R. Krauss, & D.A. Warburton, Ancient Egyptian Chronology, Handbook of Oriental Studies. Section One. The Near and Middle East, vol. 83. Leiden - Boston: Brill, 2006, p. 55-93, 487-488. Il a bien évidemment contribué au volume spécial de la revue Archéo-Nil : « La chronologie de la préhistoire tardive et les débuts de l’histoire de l’Egypte », Archéo- Nil 9, 1999, p. 13-81, dans un article où, avec son habituelle générosité, il met à la disposition de la communauté scientifique un corpus complet des datations C14 connues à ce moment-là. Mais au-delà de cette spécialité qui l’a poursuivi – et dont il se défend aujourd’hui - Stan Hendrickx est une encyclopédie vivante de l’art prédynastique et un insatiable publiant. Auteur de l’Analytical Bibliography of the Prehistory and the Early Dynastic Period of Egypt and Northern Sudan, EPM 1, Leuven University Press 1995, il édite chaque année dans notre revue les compléments bibliographiques, dont l’étendue toujours croissante donne une idée du dynamisme de la discipline. Aujourd’hui, des recherches plus pointues apportent des éléments nouveaux, qui bousculent et vont au-delà de la fameuse « Hendrickx Chronology », mais il demeure un des meilleurs observateurs et une référence en la matière.
Stan Hendrickx évoquera dans sa conférence les problèmes posés par un système chronologique qui repose encore de nos jours sur des fouilles réalisées il y a plus d’un siècle. Les datations C14, quoique en constante augmentation depuis cinq à dix ans, demeurent peu nombreuses, et la question de leur calage avec la chronologie relative est loin d’être résolue, les deux systèmes se référant à des échelles de temps différentes. Enfin, les relations chronologiques entre la Haute et la Basse Egypte, d’une part, entre l’Egypte et le Levant, d’autre part, sont toujours ouvertes à discussion.
accroche Matthieu HONEGGER occupe la chaire d’archéologie préhistorique à l’Université de Neuchâtel. Archéologue préhistorien impliqué dans l’étude des sociétés néolithiques des Alpes et du Plateau suisse, Matthieu Honegger a rejoint Charles Bonnet sur le terrain soudanais, à Kerma, où il a développé des recherches originales et novatrices sur les mutations sociales et économiques dans la vallée du Nil, du Mésolithique à l’émergence des premières formations étatiques (sédentarisation, pastoralisme, hiérarchisation de la société, urbanisation).
accroche Jean-Loïc LE QUELLEC est ethnologue, anthropologue, spécialiste de la préhistoire et des arts rupestres de l’Afrique, plus particulièrement du Sahara. Il est diplômé de l’École pratique des hautes études (paléoécologie du quaternaire) et docteur en anthropologie, ethnologie et préhistoire. Directeur de recherches au CNRS et chercheur à l’Institut Français d’Afrique du Sud à Johannesburg, il a réalisé de nombreux travaux sur l’art rupestre du Sahara et de l’Afrique australe. En particulier, il est l’auteur, avec Pauline et Philippe de Flers, du très bel ouvrage Du Sahara au Nil. Peintures et gravures d’avant les Pharaons (Fayard 2005). Fondateur de Traces, cabinet d’ethnologie-préhistoire, il effectue des missions d’expertises pour le compte de l’UNESCO ou de divers organismes, et préside l’association des Amis de l’art rupestre saharien (AARS). Depuis 2008, il co-dirige la mission franco-algérienne d’analyse et datation des images rupestres du Tassili, de l’Ahaggar et de l’Atlas. Jean- Loïc Le Quellec emprunte les chemins ouverts dans les années soixante par les travaux pionniers du Professeur Jean Leclant et du Général Huard sur les rapports entre la vallée du Nil et le Sahara d’après l’art rupestre. Il les revisite et les reformule à la lumière de sa formation d’ethnologue et de préhistorien, et les intègre aux données nouvelles sur les climats et la chronologie. Il a publié dans Archéo-Nil 15, 2005 : « Une nouvelle approche des rapports Nil-Sahara d’après l’art rupestre ». Jean-Loïc Le Quellec a aussi écrit sur les traditions populaires de Vendée. Également vice-président de la Société de Mythologie Française, il a publié un Dictionnaire de zoologie mythique (1995).
Sa présentation à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres concernera la question des rapports Nil-Sahara, qui fait l’objet d’ardents débats depuis les premières explorations réalisées par Barth en Libye au milieu du XIXème siècle. Une influence directe, dans un sens ou dans l’autre, a longtemps été supposée au vu de thèmes comme les « béliers à sphéroïdes » ou en considérant que certains traits seraient communs à ces deux aires culturelles,. Mais la mise en place chronologique, la classification stylistique Les intervenants et les récentes découvertes effectuées dans la région du Gilf Kebir et du Djebel el- ‘Uweynât, aux confins libyo-égypto-soudanais, ont grandement modifié notre vision des arts rupestres sahariens depuis une dizaine d’années, interdisant désormais de soutenir une position aussi simpliste.
accroche Béatrix MIDANT-REYNES est directrice de recherche au CNRS. Égyptologue et préhistorienne, elle s’est spécialisée dans l’étude des sociétés de la vallée du Nil depuis le Néolithique jusqu’à l’émergence de l’État. L’objectif de ses recherches est de développer les connaissances relatives à cette période encore mal connue de l’histoire égyptienne et cependant fondamentale pour mieux comprendre la civilisation pharaonique. Elle a conduit sur le terrain égyptien les fouilles du site prédynastique d’Adaïma (HauteÉgypte) de 1989 à 2005 et publié avec N. Buchez, É. Crubézy et Th. Janin les deux premiers volumes des monographies concernant cette localité (Adaïma I. Économie et habitat & Adaïma II. La nécropole prédynastique, Le Caire, IFAO, 2002). Depuis 2005, ses travaux se sont tournés vers le delta du Nil, où elle a dirigé de 2001 à 2005 les fouilles du site prédynastique de Kôm el-Khilgan, et poursuit depuis 2006 l’étude de Tell el-Iswid (Sud). Depuis 1999 elle participe aux prospections menées sous la direction de M. Wuttmann dans l’oasis de Kharga. Elle y a co-dirigé avec F. Briois la fouille de différents sites préhistoriques et publié une monographie sur le gisement épipaléolithique de ‘Ayn-Manâwir (Le gisement épipaléolithique de ML1 à ‘Ayn-Manâwir (oasis de Kharga) en collaboration avec F. Briois et M. Wuttmann ; Le Caire, IFAO, 2008). Responsable du Centre de recherche sur la Préhistoire et la Protohistoire de la Méditerranée de l’UMR 5608 (CNRS, EHESS, Université Toulouse II-Le Mirail), Béatrix Midant-Reynes a publié deux synthèses sur la période prédynastique : Préhistoire de l’Égypte. Des premiers hommes aux premiers Pharaons (Armand-Colin, Paris, 1992 ; ouvrage traduit en anglais et en arabe) et Aux origines de l’Égypte. Du Néolithique à l’émergence de l’État (Fayard, Paris, 2003). Elle anime chaque année, dans le cadre de l’EHESS et de l’Université Toulouse II-Le Mirail, une série de séminaires consacrés à la vallée du Nil du Néolithique aux premières dynasties.
Béatrix Midant-Reynes présentera avec F. Briois les résultats de leurs travaux sur les sites néolithiques et épipaléolithiques de l’oasis de Kharga.
accroche Denis ROBERT, artiste canadien qui vit actuellement à Paris, est animé depuis toujours d’une passion pour l’Egypte ancienne. C’est dans un questionnement plus global sur le processus créateur que sa démarche artistique l’a amené à intégrer la puissance et la beauté de l’oeuvre au mystère des origines d’une civilisation. Dans cette perspective, l’Egypte ancienne a été source de grande inspiration pour son travail de «designer», photographe et artiste multimédia. Après le film documentaire, «La science prodigieuse des Pharaons», réalisé en 1976, il présente aujourd’hui une oeuvre multimédia, «L’Egypte des origines».
«Un heureux hasard m’a permis de faire la connaissance de Denis Robert et de voir le document qu’il a réalisé sur l’Egypte des origines. J’avoue avoir été enthousiasmée tant par la qualité artistique des images que par le commentaire, intelligent, modeste et exact. J’évoquerai aussi la musique, qui, pour une fois, ne nous entraîne pas dans des univers cosmiques, type « new age », envoyant, non sans perversité, le spectateur vers les galaxies des mondes perdus... Ce n’est pas là notre but, et Denis Robert l’a bien compris. Le ressort esthétique qu’il met admirablement en scène provoque une émotion, qui n’est pas étrangère aux chercheurs eux-mêmes, mais que seul un artiste peut faire passer. Par ailleurs, le commentaire ne se réduit pas – comme c’est souvent le cas – à souligner cet effet, mais apporte une trame historique bien documentée. C’est, pour Archéo-Nil, un privilège, un honneur et un grand plaisir de présenter cette oeuvre dans le cadre de cette exceptionnelle manifestation» (Béatrix Midant-Reynes)
accroche Pierre TALLET est Maître de conférences en Egyptologie à l’Université Paris-IV-Sorbonne. Il a participé à de nombreuses missions archéologiques en Égypte dans les oasis de Dakhla et Bahariya, au Sinaï, ainsi qu’à Karnak, Deir el-Médineh et dans la nécropole thébaine. Il fut également adjoint aux publications de l’Institut français d’archéologie orientale (Ifao) du Caire. Membre de la mission archéologique de Ayn Soukhna, dans le Golfe de Suez, il dirige la mission d’étude menée conjointement par l’IFAO et la Sorbonne au Sud-Sinaï. Pierre Tallet enseigne également à l’Université libre de Bruxelles en tant que professeur invité pour les cours d’histoire, d’histoire de l’art et d’archéologie concernant l’Égypte ancienne.
Sa conférence portera sur les dernières recherches menées dans le sud de la péninsule du Sinaï, à l’est des villes côtières d’Abou Rodeis et Abou Zenima. Celles-ci ont récemment permis l’identification au ouadi el-Humur de bas-reliefs monumentaux datés de l’époque thinite, deux d’entre eux portant le nom du roi Den, 5ème pharaon de la Ire dynastie. Cette découverte, publiée dans le n°19 d’Archéo-Nil, montre que l’exploitation des richesses minières de la Péninsule est contemporaine de la naissance même de l’Etat égyptien. Il se propose ici, en prenant ces documents comme point de départ, d’évaluer l’intérêt qu’ont pu avoir pour les habitants de la vallée du Nil les importants gisements de cuivre et de turquoises de cette région, et ce dès le tout début de l’histoire pharaonique. Le caractère massif des installations découvertes ces dernières années aussi bien dans la zone d’exploitation elle-même - où des milliers d’unités de fours de réduction du minerai de cuivre bien datés des IVème et Vème dynasties ont été découverts - que sur les itinéraires permettant de s’y rendre, laisse penser que cette zone minière a eu, dès les origines, une importance stratégique de tout premier plan pour la civilisation pharaonique.
accroche Yann TRISTANT est membre scientifique de l’IFAO depuis septembre 2006. Il est le premier pensionnaire protohistorien nommé depuis la création de l’Institut en 1880. Ses recherches sur les origines de l’Egypte se sont très vite orientées sur les aspects environnementaux et leurs interactions avec l’évolution des sociétés de la vallée du Nil, comme en témoigne le titre de sa thèse, soutenue à Toulouse en janvier 2005 : L’occupation humaine dans le Delta du Nil aux Vème et IVème millénaires. Approche géo-archéologique à partir de la région de Samara (delta oriental). En 2004, il a publié un ouvrage : L’habitat prédynastique de la Vallée du Nil : Vivre sur les rives du Nil aux Vème et IVème millénaires, British Archaeological Reports, International Series 1287, Oxford, 182 p. Il a co-organisé avec B.Midant-Reynes le second colloque international sur les origines de l’Egypte, qui s’est tenu à Toulouse en septembre 2005. Investi sur le terrain égyptien dans le delta (Kom el-Khilgan, Tell el-Iswid), Yann Tristant dirige la mission archéologique d’Abou Rawach et le programme de prospections du Wâdi Araba, dans le désert oriental.
Ses interventions porteront sur chacune des deux grandes régions impliquées. Carrefour de circulation entre le Proche Orient, la Méditerranée et la vallée du Nil, le delta égyptien était dans l’Antiquité un espace de marécages répulsif et difficile d’accès, mais aussi une zone de comptoirs d’échanges, qui a joué durant les premières dynasties égyptiennes un rôle important dans le développement de l’État égyptien. Cette conférence sera l’occasion de faire le bilan, à l’heure où le delta du Nil, privé des bienfaits de la crue du fleuve, se transforme en une gigantesque banlieue du Caire, des travaux effectués dans le nord de l’Egypte au cours de ces vingt dernières années. Le désert Oriental de l’Égypte reste aujourd’hui encore un terrain de recherche presque entièrement inexploré et particulièrement mal documenté. Les recherches archéologiques se sont principalement portées sur le désert de Haute-Égypte, cette zone située entre Louxor et la mer Rouge, où se situent les principales voies de commerce du Ier millénaire av. J.-C. et de l’Antiquité tardive. Le bilan des recherches donne une vision complètement déformée de la réalité archéologique d’un espace très vaste, occupé depuis les périodes les plus anciennes de la préhistoire.



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